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Symptômes visuels

Migraine ophtalmique : symptômes spectaculaires, mais rien de dramatique !

Si la migraine dite avec aura, communément appelée migraine ophtalmique, est beaucoup moins répandue que la migraine « classique » qui représente 80 à 90% des cas, savez-vous ce qui les différencie concrètement ?
Des tâches blanches lumineuses et scintillantes ressemblant à des filaments électriques, des objets ou paysages qui se retournent et se distordent, des fourmillements, des engourdissements, parfois des troubles du langage. Nous ne sommes pas en train de décrire une situation issue d’une ingestion de substances hallucinogènes mais les symptômes d’une migraine avec aura touchant environ 20% des patients souffrant de migraine.

La migraine avec aura doit son nom aux phénomènes neurologiques impressionnants qui, le plus fréquemment, sont annonciateurs de la céphalée mais qui peuvent parfois cohabiter avec elle ; on parle alors de migraine accompagnée.

Bien que transitoires et sans conséquences durables, nous avons passé en revue les symptômes, les causes et le traitement de ces céphalées aux manifestations pour le moins spectaculaires.

Quels sont les signes distinctifs entre migraine classique et migraine ophtalmique ?

En France, environ 20% de la population adulte souffre de migraine, avec une nette prédominance féminine puisque les femmes sont trois fois plus concernées que les hommes.

Lors d’une crise de migraine classique, nous sommes focalisé sur la douleur, souvent localisée dans un seul côté de la tête, avec la sensation de quelque chose qui frappe.
Ces crises de migraine, parfois accompagnées de nausées, d’intolérance au bruit ou la lumière, durent généralement de quelques heures à deux ou trois jours.

Dans le cas d’une migraine ophtalmique, la différence essentielle provient du fait que des symptômes visuels ou sensitifs se manifestent dans un premier temps sans notion de douleurs. Ce phénomène est en fait annonciateur de la céphalée qui arrivera ultérieurement.
Ces symptômes appelés aura, peuvent prendre la forme de différentes manifestations, dont les plus fréquents sont les troubles visuels. La tâche lumineuse dans le champ de vision, nommée scotome scintillant par les médecins, est fréquemment décrite par les patients, mais ils rapportent également des pertes de vision partielle ou totale, des troubles sensitifs, qu’il s’agissent d’engourdissements, de fourmillements, des troubles du langage avec certaines difficultés pour s’exprimer en inversant les mots, voir en étant incapable de parler. On observe parfois, mais plus rarement, une paralysie plus ou moins prononcée sur le côté du corps, une grande fatigue ou encore des pertes d’équilibre.
Ces troubles nommés « aura » peuvent perdurer de cinq minutes à environ une heure, avant de disparaître pour laisser place au mal de tête.
On note également fréquemment que ces signes se manifestent sur le côté opposé à celui de la migraine qui va suivre. Ces manifestations peuvent être différentes d’une personne à l’autre, mais se reproduisent de façon identique pour chaque patient.
Les crises peuvent commencer quel que soit l’âge, mais le plus souvent avant 40 ans.

Les causes de la migraine ophtalmique

Le facteur déclenchant de la migraine ophtalmique est constitué par une réduction de l’afflux sanguin vers l’oeil due aux rétrécissement des vaisseaux sanguins, on parle de vasoconstriction des artères du cerveau.

Les troubles visuels décrits par les patients sont d’ordre neurologique et non pas oculaire comme le laisserait penser le nom de migraine ophtalmique. L’aura visuelle est liée à l’activation de neurones cérébraux acteurs de la vision, situés dans le cortex postérieur.
C’est précisément cette activation qui déclenche l’apparition de tâches lumineuses, d’éclairs, qui altèrent la vision.

• La composante génétique
Il est probable qu’un facteur génétique soit en lien avec ces crises de migraine ophtalmique.
En 2010, les travaux dirigés par le Dr Aarno Palotie, responsable de l’International Headache Genetics Consortium au Wellcome Trust Sanger Institute, ont mis en évidence une variation génétique sur le chromosome 8 qui implique un risque accru de souffrir de migraines. Cette variation altère indirectement le bon fonctionnement de la protéine EAAT2 chargée d’éliminer le glutamate dans les neurones.
C’est l’accumulation de ce neuromédiateur qui déclencherait les crises migraineuses.

• La composante hormonale
Les variations de taux d’hormone influencent les crises de migraine, ce qui est d’autant plus vrai pour les femmes qui subissent d’importantes variations tout au long de leur vie.
Notons que la pilule contraceptive peut également participer à la survenue de crises dans certains cas.

• La prise de médicaments
La consommation excessive d’antalgiques ou d’anti-migraineux spécifiques peut entraîner des migraines chroniques.

• Autres facteurs déclenchants
De nombreux patients migraineux se disent également sensibles au manque de sommeil, au bruit, aux odeurs, au stress, aux variations lumineuses ou émotionnelles, ou encore à l’alcool.

Les enfants peuvent également souffrir de migraines ophtalmiques

Environ 5% des enfants souffrent de migraines ophtalmiques et les manifestations qu’ils ressentent peuvent se montrer particulièrement étranges.
Outre les hallucinations visuelles semblables à celles décrites par les patients adultes, les enfants subissent des hallucinations auditives, entendant par exemple leurs parents les appeler alors que ce n’est pas le cas.

Comment établir le diagnostic de la migraine ophtalmique ?

Votre médecin se base sur un examen clinique, ainsi que sur les symptômes décrits par son patient.
Aucun examen d’imagerie (IRM) ne s’avère nécessaire, puisque les migraines ophtalmiques ne se repèrent pas par le biais de lésions.

Comment traiter les migraines ophtalmiques ?

L’efficacité du traitement de crise dépend avant tout de sa précocité ; plus tôt il sera administré, plus rapidement les effets de la crise s’estomperont.

Il est fréquemment conseillé de prendre de l’aspirine ou un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) dès l’apparition des manifestations visuelles, puis un triptan (anti-migraineux) délivré sur ordonnance, lors du déclenchement de la céphalée.

Ce traitement de crise ou d’urgence peut s’accompagner d’un traitement de fond basé sur des bêtabloquants afin d’agir sur la maladie.
Il s’agit de médicaments de la famille des antiépileptiques et des antidépresseurs.
Notons qu’il peut-être nécessaire d’en essayer plusieurs avant de trouver le médicament qui vous convient le mieux. Une majorité de patients sont soulagés lorsque l’efficacité du traitement de crise et celle du traitement de fond se combinent. Hélas, certains malades, aux symptômes évolutifs, ne parviennent pas à trouver de solutions pérennes.

Des crises de migraines fréquentes peuvent vous inciter à consulter un neurologue, ce que peu de malades font réellement.
Nombre de patients pratiquent l’automédication et courent le risque d’une accoutumance avec des effets potentiels graves, comme les crises cardiaques ou les anévrismes.
A l’inverse de l’effet recherché, la surconsommation d’antalgiques peut paradoxalement entraîner une augmentation de la fréquence des crises.

L’apport des médecines alternatives et des approches non pharmacologiques

Certaines thérapies complémentaires peuvent s’avérer utiles dans la gestion de la survenue des crises migraineuses ainsi que des douleurs générées.
Pêle-mêle, il est possible de citer la relaxation, la sophrologie ainsi que les thérapies cognitives et comportementales.
L’hypnose peut également faire preuve d’efficacité dans la gestion des crises et l’ostéopathie permettre de soulager les dysfonctionnements mécaniques afin d’espacer les crises migraineuses.

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