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La lumière des leds est-elle nocive pour nos yeux ?

Si en 2005 la Commission Européenne a imposé l’abandon des ampoules à incandescence trop énergivores et leur remplacement par des ampoules à leds plus économes, que savons-nous de leur éventuelle toxicité au regard de notre santé visuelle ?
Peut-être êtes-vous déjà informé de l’influence néfaste de la lumière bleue sur notre sommeil ? Mais qu’en est-il de notre vision alors que les leds envahissent notre vie quotidienne ainsi que nos demeures ?
Nous avons souhaité en savoir davantage et avons pour ce faire consulté les travaux publiés par l’INSERM dans la revue « Neuroscience ».
Alors, même si vous voyez la vie en rose, suivez nos explications quant aux effets de la lumière bleue…

Toxicité des leds : des expériences sur les rats

Si les effets négatifs des rayons UV émis par le soleil sont désormais bien connus des scientifiques, ce n’est pas le cas concernant l’impact des lumières artificielles, qu’elles soient issue de lampes à incandescence ou de leds. Dans le but de détecter une nocivité éventuelle, l’équipe de l’INSERM a réalisé différentes expériences sur les rats.
Dans un premier temps, les rongeurs, dont la pupille avait été préalablement dilatée, ont été exposés durant 24 heures à une lumière particulièrement intense de l’ordre de 6 000 Lux, intensité fournie par des lampes à leds puis par des lampes traditionnelles dans un second temps. Les résultats de cette exposition démontrent, de façon similaire pour les deux sources d’énergie, une inflammation de la rétine favorisant la mort cellulaire des photorécepteurs intervenant dans le processus de la vision.
Lors de la seconde expérience, l’intensité lumineuse a été fortement réduite pour se situer à un niveau habituellement utilisé au sein de nos habitations (500 Lux).
Si les ampoules à incandescence n’ont eu aucune influence néfaste, il n’en fut pas de même pour les lampes à leds dont les effets négatifs ont pu être mis en évidence par le biais des signes d’altération de la rétine des animaux.

Quelles sont les conclusions de cette étude ?

Dans un premier temps les scientifiques tempèrent les résultats obtenus en précisant que la dilatation préalable de la pupille des rats amplifie les conséquences d’une exposition à la lumière. Cette amplification s’explique très simplement par l’absence du phénomène naturel de contraction de la pupille servant à moduler la quantité de lumière pénétrant dans l’oeil.
Néanmoins, Alice Torriglia, l’une des principales auteures de l’étude précise : « que les rats, réputés pour être protégés de la dégénérescence photo-induite, en l’absence de dilatation de la pupille, présentent des signes de stress oxydatif (déséquilibre dans les cellules) au niveau de leur rétine ».

La lumière bleue une nouvelle fois incriminée

Déjà responsable des troubles de notre horloge biologique et en particulier de nos insomnies, la lumière bleue jouerait-elle une nouvelle fois un rôle néfaste sur notre vision ?
Chaque source de lumière, qu’il s’agisse de leds, d’ampoules à incandescence ou de tubes fluorescents, mélange différentes couleurs dans des proportions variables, ce qui implique une toxicité potentielle sur la rétine ; cette dernière est fonction aussi bien de l’intensité lumineuse que des longueurs d’onde la composant.
Les lampes à leds fournissent de la lumière blanche en combinant les lumières bleues et jaunes ; or les rayons composant la lumière bleue sont réputés pour être, d’une part plus énergétiques que les autres, et ,d’autre part plus nocifs sur des durées d’exposition et intensité lumineuse équivalentes.
Alice Torriglia explique que « ces observations sur des animaux ont permis de mettre en exergue le double effet toxique engendré par les leds, à savoir la mort cellulaire des photorécepteurs, également appelée l’apoptose, ainsi que la nécrose des cellules. Or en se nécrosant, une cellule endommage ses voisines. Ceci explique la raison pour laquelle la toxicité de la lumière bleue est plus élevée que celle des autres longueurs d’onde ».

La lumière bleue des leds représente-t-elle un risque sanitaire ?

En 2010, un rapport de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES) concluait à un risque potentiel de stress néfaste pour la rétine lié à la présence importante de lumière bleue dans les leds. En outre, l’organisme attirait l’attention sur l’aggravation du risque au regard des enfants particulièrement sensibles en raison de leur cristallin dont le développement n’est pas achevé et ne pouvant, de ce fait, assurer son rôle de filtre de la lumière.
Sous forme de conclusion, la responsable de l’étude indiquait : « Nos cellules possèdent des mécanismes de réparation qui permettent sans doute de corriger en partie les lésions induites par les leds. Mais nous avons un capital lumière comme notre peau possède un capital soleil et nous sommes en droit de nous interroger sur le fait que nos ampoules domestiques ne favorisent pas son épuisement de façon précoce et entraînent une évolution vers la dégénérescence liée à l’âge (DMLA ) ».
Dans l’attente de nouvelles études pouvant confirmer celles déjà réalisées, à l’avenir les fabricants d’ampoules pourraient se voir contraindre de diminuer la proportion de lumière bleue au sein des leds. Somme toute une histoire de longueur d’onde et de température de couleur qui peut nous rendre vert de rage, nous faire rire jaune ou broyer du noir…mais pas de quoi avoir une peur bleue !

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