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Pathologie des yeux

La cataracte : symptômes et traitements

Avec plus de 900 000 interventions pratiquées en 2020, l’opération de la cataracte est l’acte chirurgical le plus pratiqué en France.
Cette pathologie, essentiellement liée à l’âge, touche 20% des Français âgés de plus de 70 ans, passant même à 50% pour les plus de 75 ans.
Chers lecteurs, réjouissez-vous de vivre dans un pays développé où l’accès à la chirurgie est aisé, car faute de prise en charge, la cataracte est la première cause de cécité dans le monde.
Savez-vous cependant quels sont les symptômes de la maladie, quelles en sont les causes, comment se déroule l’intervention chirurgicale ou quels sont les différents types d’implants ?
Nous vous proposons un tour d’horizon complet de cette pathologie oculaire, dont bon nombre d’entre nous devrons se faire opérer… un jour.

Mieux comprendre la cataracte

On n’attrape pas la cataracte comme on attrape une grippe, du jour au lendemain.
Les symptômes de la cataracte s’installent et se développent progressivement durant de très longues années. Il s’agit d’une affection de l’oeil entraînant une opacité partielle ou totale du cristallin.
Peu à peu, ce dernier s’opacifie, se trouble, les faisceaux lumineux parviennent moins bien vers la rétine, ce qui a pour conséquence une baisse irréversible de la vision qui devient floue ou voilée.

Situé entre l’iris et le vitré, le cristallin peut être comparé à une lentille convergente ayant la faculté de se déformer en modifiant sa courbure et cherchant à faire la mise au point de l’image, selon la distance du sujet observé.

Avec les années qui passent, la structure du cristallin va changer sans que l’on ait de véritables certitudes quant à la cause ; on émet seulement l’hypothèse d’une altération du cristallin dont les protéines se modifient et s’opacifient.

Distinguer les différentes formes de cataractes

La cataracte sénile ou pré sénile : c’est la forme de cataracte la plus répandue puisque la grande majorité des cataractes interviennent chez des personnes de plus de 70 ans. Cette pathologie liée à l’âge affecte fréquemment un oeil davantage que l’autre.

La cataracte dite secondaire ou consécutive à une autre maladie : le diabète est par exemple une pathologie qui, si elle n’est pas contrôlée, peut mener à la cataracte. Certaines maladies oculaires peuvent également entraîner la survenue de la cataracte, on peut citer le glaucome, un décollement rétinien ou encore une très forte myopie. D’autres causes ont pu également être identifiées, telles que l’exposition prolongée aux radiations ionisantes ou aux rayons infrarouges.

La cataracte héréditaire : même si la cataracte est rare à la naissance, elle peut éventuellement accompagner une pathologie congénitale comme la trisomie 21 ou résulter d’une maladie infectieuse transmise par la mère au foetus durant la grossesse.

La cataracte d’origine traumatique : on évoque ici l’apparition de la cataracte après un accident ou une blessure au niveau de l’oeil qui aurait pu endommager le cristallin.

Les symptômes de la cataracte

La cataracte se caractérise essentiellement par une perte progressive de la vision qui, le plus souvent, affecte dans un premier temps la vue de loin.
Cette altération de la vision s’accompagne du développement d’une myopie liée au cristallin, qui peut permettre au patient presbyte de se passer du port de lunettes.
Mais cette baisse de l’acuité visuelle va s’effectuer sur un laps de temps très long, la personne devenant tout d’abord légèrement myope avec une perception des couleurs plus terne.
Progressivement, la vision va se voiler et une sensibilité accrue à la lumière va s’installer. Ainsi remarque-t-on fréquemment chez les personnes développant une cataracte, des plaintes relatives à la conduite de nuit où elles sont éblouies par les phares des voitures ou autres signaux lumineux.

Outre la baisse de l’acuité visuelle et la sensibilité à la lumière, d’autres symptômes peuvent apparaître comme une diminution de la perception des contrastes, des difficultés à estimer les différents reliefs ou encore une vision des couleurs altérée. Le patient peut percevoir un jaunissement des couleurs ou avoir des difficultés à distinguer certaines nuances de coloris.

Dans quelques cas plus rares, un halo lumineux ou une vision double d’un oeil peuvent apparaître, mais l’ensemble des phénomènes décrits sont variables en fonction des individus.

Traitement de la cataracte

Si lors des premiers troubles dus à la cataracte une optimisation de ses lunettes permet de maintenir un confort visuel correct, lors de l’évolution de la pathologie, seul le traitement chirurgical est envisageable.
La cataracte sénile, forme la plus répandue, s’opère en moyenne à l’âge de 72 ans lorsqu’on subit une perte de la vision utile. Néanmoins l’intervention peut être réalisée plus tôt, en fonction de la gêne visuelle occasionnée.

Intervention chirurgicale, comment choisir son implant ?

Nous l’avons vu précédemment, le traitement chirurgical de la cataracte représente l’acte ambulatoire le plus pratiqué en France avec environ 900 000 interventions annuelles, soit environ 450 000 patients puisque les deux yeux sont souvent atteints et opérés dans un laps de temps différent.

L’intervention consiste à remplacer le cristallin devenu trop rigide par un implant en silicone, plexiglas, hydrogel ou encore acrylique.

Grâce à une micro incision de l’ordre de 3 mm, le praticien introduit une sonde à ultrasons dans le globe oculaire de façon à désagréger puis aspirer les résidus de cristallin. Reste ensuite à insérer par cette même incision, un implant mesurant 6 mm par 13 mm qui va venir se substituer au cristallin naturel en se dépliant dans le sac capsulaire.

La durée de l’intervention est comprise entre 10 et 30 minutes, se déroule en chirurgie ambulatoire et généralement sous anesthésie locale.
Les suites opératoires sont quasi indolores et permettent la reprise d’une activité personnelle et professionnelle dès le lendemain de l’intervention.

Les différents types d’implants

Il est important de noter que le choix de l’implant sera réalisé en fonction du déficit visuel du patient. A ce titre, tout comme pour des verres de lunettes, différents types d’implant existent pour en fait remplacer le cristallin naturel par un cristallin artificiel.

Les implants monofocaux : ce sont et de loin les implants les plus posés, peut-être parce que eux seuls sont intégralement pris en charge par la sécurité sociale. Si 95% des patients opérés portent ce type d’implant, n’en demeure pas moins que si leur vision de loin est parfaitement nette, il leur faudra porter des lunettes correctives pour la vision de près et intermédiaire.

Les implants multifocaux : afin de solutionner le problème du port de lunettes correctives pour la vue proche et intermédiaire, l’industrie a développé des implants bifocaux pour obtenir une vue nette de près et de loin, puis des implants multifocaux afin de permettre de conserver une bonne vision intermédiaire. Idéaux dans la théorie, ces implants souffrent de deux maux majeurs pouvant expliquer leur moindre succès :
d’une part, les patients ayant fait ce choix, évoquent des effets secondaires gênants comme l’apparition de nombreux halos autour des points lumineux, lors de conduite de nuit par exemple. Plus globalement, on relève aussi une baisse de la vision dans des situations de faible éclairage.
d’autre part, la prise en charge par la Sécurité Sociale n’est pas totale, ce qui implique un reste à charge pour le patient, sauf si sa mutuelle couvre la différence.

Les implants toriques : monofocal ou mutifocal, l’implant torique a pour objectif de corriger l’astigmatisme. Comme dans le cas des implants multifocaux, le coût n’est pas totalement pris en charge par l’assurance maladie, vous obligeant à faire appel à votre mutuelle ou à régler le reste à charge évalué entre 150 et 600 euros.

La lentille intraoculaire à champ de vision étendu : ce nouvel implant à champ de vision étendu constitue une avancée majeure dans le traitement de la cataracte. Pour quelle raison ? Tout d’abord par qu’il n’engendre plus les problèmes de halos lumineux décrits par les patients porteurs d’implants multifocaux et ensuite parce qu’il permet de corriger la presbytie tout en procurant une vision continue de grande qualité. Il vise donc à restituer une bonne qualité de vue à courte, moyenne et longue distance. Outre la cataracte, ce nouveau type d’implant peut également être proposé aux personnes presbytes qui ne désirent plus porter de lunettes. Disposant du marquage CE, le prix moyen de cet implant équivaut à celui d’un implant multifocal avec un reste à charge pour le patient compris entre 250 et 300 euros.

Durée de vie des implants et risques opératoires

Vos yeux sont précieux et à ce titre une bonne nouvelle vient appuyer l’ensemble des qualités de ces implants : leur durée de vie sera… la vôtre ! En clair, un implant ou cristallin artificiel durera toute votre vie et n’aura pas besoin d’être changé ultérieurement.

Pour ce qui concerne les complications potentielles de suite opératoires, elles sont rares, même s’il est possible de relever trois risques éventuels :
Comme pour toute intervention chirurgicale, le risque d’infection existe, bien que rare grâce aux précautions prises encadrant l’opération.
Un déplacement de l’implant peut intervenir en cas de choc ou de traumatisme, il devra alors être soit repositionné, soit remplacé.
Une erreur réfractive constatée après l’intervention. Il s’agit d’une erreur de calcul relatif à la puissance de l’implant qui nécessitera une correction optique.

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