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Pathologie des yeux

Kératite : causes, symptômes et traitements

Vous ressentez une douleur intense, votre oeil larmoie et vous avez des difficultés à supporter la lumière ? Vous souffrez peut-être d’une inflammation de la cornée ou kératite. Cette infection oculaire, le plus souvent liée au port de lentilles de contact souples, peut également être due aux conséquences d’un traumatisme physique au niveau de l’oeil ou encore, plus rarement, à un parasite dénommé amibe contenu dans l’eau du robinet. Nous allons donc nous attacher à décrire les causes, les symptômes ainsi bien sûr que les traitements en lien avec cette pathologie cornéenne. Vous croyez tout savoir ? Monoeil !

Définition de la cornée et de la kératite

La cornée est la fine membrane transparente recouvrant l’oeil. Particulièrement exposée aux agressions extérieures, elle peut être atteinte et lésée par des poussières, des microbes, des corps étrangers… D’une épaisseur d’environ un demi-millimètre, la cornée est composée de cinq couches de cellules, dont généralement seule la première est touchée, on parle alors communément de kératite superficielle.
Comportant de nombreuses terminaisons nerveuses, l’atteinte de la cornée se caractérise toujours par une douleur intense. Nous reviendrons plus en détails sur les symptômes de la kératite, mais il est important de savoir que l’infection de la cornée peut potentiellement entraîner une réduction du champ de vision, impacter la qualité visuelle, voire même laisser des cicatrices au niveau de l’oeil. Mais avant de décrire précisément les symptômes liés à cette pathologie, nous allons nous intéresser aux causes de la kératite et aux phénomènes la favorisant.

Les causes d’apparition de la kératite

La kératite est généralement due à une infection de la cornée et concerne fréquemment les porteurs de lentilles souples, notamment en cas de négligences durant la manipulation, l’entretien ou si le porteur conserve ses lentilles durant sa phase de sommeil nocturne. Néanmoins, d’autres causes peuvent-être à l’origine de la kératite, ainsi distingue-t-on différentes kératites :

  • La kératite herpétique est liée à une irritation de la cornée due à une infection par le virus de l’herpès. Le plus souvent superficielle, elle entraîne des lésions de l’épithélium cornéen et peut parfois atteindre les couches en profondeur de la cornée (kératite stromale) pouvant possiblement entraîner des cicatrices cornéennes définitives.
  • La kératite bactérienne est le plus souvent liée à une infection et un abcès de la cornée. Cette forme de kératite est largement favorisée par le port de lentilles de contact souples, voire de traumatismes cornéens. Le traitement s’effectue par des antibiotiques appropriés et peut parfois nécessiter une hospitalisation. Dans certains cas une cicatrice cornéenne définitive peut entraîner une diminution de la qualité visuelle. La prévention de cette kératite passe par le respect des précautions d’hygiène des lentilles de contact qui doivent-être nettoyées à l’aide d’un produit stérile et non avec de l’eau du robinet.
  • La kératite amibienne est une infection de la cornée provoquée par un parasite se trouvant dans l’eau douce, aussi bien en piscine que dans l’eau du robinet. Des prélèvements cornéens sont souvent nécessaires afin d’adapter le traitement anti parasitaires qui s’avère parfois long et délicat pour le patient.
  • La kératite neurotrophique correspond à une perte de la sensibilité de la cornée le plus souvent en rapport avec une infection virale ou une agression chimique. Les conséquences peuvent prendre la forme d’ulcères ou d’abcès de la cornée, parfois même de perforation cornéenne. Le traitement est constitué de collyres ou de sérums autologues pour ce qui concerne les formes les plus avancées.
  • La kératite bulleuse est constituée par une pathologie de la cornée liée à une défaillance de l’endothélium cornéen dont la fonction essentielle est d’assurer la transparence de la cornée. Lorsque l’endothélium cornéen connaît une défaillance, cela engendre un oedème de la cornée avant l’apparition de bulles à la surface de cette dernière. Le risque est de voir ces bulles se rompre et mener à des ulcères de la cornée pouvant se surinfecter.
  • La kératite interstitielle ou stromale est une inflammation profonde de la cornée touchant le stroma cornéen. Cette forme de kératite est peu fréquente, souvent due à une infection virale ou bactérienne et en rapport avec une réaction immunitaire inadaptée sans infection de la cornée. L’évolution est constituée par la transition d’un état aigüe et douloureux à une phase de cicatrisation où l’on constate une diminution de l’oedème cornéen. Notons que cette forme de kératite peut engendrer à terme une opacification de la cornée impliquant une baisse visuelle définitive.

Quels sont les symptômes de la kératite ?

Outre un larmoiement, une vision troublée, des difficultés à supporter la lumière ainsi qu’une rougeur possible, le symptôme essentiel de la kératite est prioritairement la douleur qui peut se révéler intense et qui n’est autre que la conséquence d’un ulcère à la surface de la cornée.

Le diagnostic de la kératite

Seul un ophtalmologiste aura la compétence et le matériel nécessaire (lampe à fente) pour l’examen de votre cornée afin d’y déceler une ou plusieurs ulcérations éventuelles.
En observant la cornée à la lumière bleue de l’ophtalmoscope, le médecin sera en mesure de visualiser l’ensemble des lésions qui apparaîtront en jaune vif, par opposition aux zones non atteintes qui demeureront claires.

Quels sont les traitements de la kératite ?

Le traitement dépend bien sûr de la cause, mais il est d’emblée important de préciser que la très grande majorité des personnes atteintes guérissent complètement et sans séquelles.
Concernant les causes virales (excepté lorsqu’il s’agit d’une infection oculaire à virus herpès simplex ou d’un zona de l’oeil) aucun traitement n’est nécessaire, la personne atteinte guérissant sans intervention dans un délai d’environ trois semaines. S’agissant d’infections virales dues à l’herpès, un collyre antiviral comme l’aciclovir peut être prescrit par votre praticien.
Dans les cas de kératite bactérienne un traitement par collyre antibiotique est prescrit et le port de lentilles de contact doit être momentanément interrompu jusqu’à la guérison complète. La fréquence des prises est soutenue, surtout en début de traitement, pouvant nécessiter l’application de gouttes chaque heure, nuit comprise.
Lorsque la sécheresse oculaire s’avère être la cause de la kératite, des pommades et larmes artificielles ont une efficacité réelle. Les larmes artificielles sont des collyres préparés avec des substances stimulant les véritables larmes ou contribuant à l’humidité de l’oeil. Certains fabricants proposent des produits sous forme de collyre liquide ou de gel à forte concentration en acide hyaluronique (comme Hylovis par exemple), pour les formes les plus sévères de sécheresse oculaire.
Le délai nécessaire avant guérison complète est lui aussi fonction du type d’atteinte, pouvant varier de quelques jours pour une kératite bactérienne simple à plusieurs semaines dans les cas de kératite virale, voire plusieurs années pour les cas de kératite bulleuse ou neurotrophique. Concernant les cas d’atteinte les plus sévères, la greffe de cornée peut s’avérer nécessaire, ce qui constitue le traitement ultime de cette pathologie.

Quelles sont les règles de prévention de la kératite ?

Fréquemment liée au port de lentilles de contact, la prévention de la kératite passe indéniablement par le bon entretien et les bonnes manipulations de vos lentilles correctrices, particulièrement s’il s’agit de lentilles souples.
Il est donc impératif de respecter la fréquence à laquelle les lentilles doivent être renouvelées, la durée de leur port, l’hygiène des mains avant de les manipuler, le nettoyage des lentilles à l’aide de produits spécifiques adaptés en proscrivant l’eau du robinet possiblement porteuse d’amibes…
D’autres conseils peuvent être utiles, comme le fait de se maquiller après avoir mis ses lentilles ou de ne pas les porter pour dormir sauf accord spécifique de votre médecin.
Enfin, comme nous l’avons vu précédemment, pour les personnes souffrant du syndrome des yeux secs, ne pas hésiter à recourir plusieurs fois par jour à des larmes artificielles permettant de maintenir l’hydratation de l’oeil.
D’une façon plus globale, pensez à protéger vos yeux lors d’activité à fort risque de traumatismes pour la cornée (jardinage, bricolage, environnement poussiéreux…) et en été méfiez-vous de la climatisation qui peut avoir tendance à provoquer un dessèchement des yeux.

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